Exposition Mode et Apparence dans l’art québécois

Publié par le 11 avril 2012

Depuis le 9 février et jusqu’au 6 mai, l’exposition Mode et apparence dans l’art québécois est présentée au Musée National des Beaux-Arts du Québec, dans la ville de Québec.

L’exposition est divisée en deux salles, rassemblant plus d’une centaine d’œuvres d’artistes québécois. Les œuvres ont été réalisées entre 1880 et 1945. En plus des peintures, on retrouve des magazines de l’époque, des affiches publicitaires, des catalogues et des photographies. Certains peintres sont récurrents dans l’exposition, comme Adrien Hébert, Alfred Pellan et Paul-Émile Borduas. Le tout est divisé en plusieurs sections, comme les enfants, les sports, les chapeaux, la rue, les grands magasins, la classe ouvrière et la campagne.

Huit designers d’ici ont aussi participé à l’exposition, y apportant une touche moderne: Christian Chenail, Michel Desjardins, Yves-Jean Lacasse, Philippe Dubuc, Marie Saint-Pierre, Marie Dooley, Myco Anna et Jean-François Morissette ont tous créé une pièce originale, en s’inspirant des tableaux de l’exposition. Parfois, c’est exactement ce que la personne dans le portrait porte qui a été recréé, et parfois c’est une inspiration qui a mené à un ensemble complètement nouveau. Par exemple, Marie Saint-Pierre a décidé de représenter «l’élégance androgyne» qui émanait d’un tableau de John Lyman.

La création de Marie Saint-Pierre

Une chose à retenir de l’exposition: les Québécois et Québécoises étaient chic. «L’élégance s’expose», c’est un peu le sous-titre de l’exposition. Même la classe ouvrière, lorsqu’elle n’était pas en habit de travail spécialisé, était tout de même chic. L’habit créé par Philippe Dubuc pour la section de la classe ouvrière est d’ailleurs une chienne de travail qui est tellement chic qu’elle pourrait vraiment se retrouver dans une de ses collections.

Une bonne partie de l’exposition est réservée aux peintures d’enfants québécois. On apprend que les deux sexes, les filles et les garçons, portaient  robes et cheveux longs. Toutefois, les garçons avaient droit à plus d’attention que les filles, et avaient donc de plus beaux habits.

Les sports d’hiver ont été émancipateurs pour les femmes. C’est grâce aux hivers québécois et à la pratique des sports comme la raquette, le patin et le ski que les femmes se sont mises à porter des pantalons. On apprend cependant, mais ce n’est rien de bien nouveau, que le clergé s’opposait au port du pantalon, puisqu’il jugeait que c’était une atteinte à la modestie des femmes. L’Église a longtemps condamné le vestiaire féminin, le trouvant immoral.

Au Québec, comme en Europe, on aimait les chapeaux. «Pas d’élégance sans chapeau», apprend-t-on dans l’exposition. C’était de la folie que d’être vu sans chapeau. D’ailleurs, il fallait absolument changer de chapeau au moins deux fois par année pour être dans les normes de l’époque. Les magazines, catalogues et photographies d’époque appuient les peintures dans l’exposition. C’est d’ailleurs par les magazines et catalogues que les gens étaient informés des tendances à suivre. C’est aussi l’arrivée des grands magasins, grâce à l’industrialisation et à la production de masse. Les vitrines des grands magasins jouaient le rôle de publicité.

La rue était un espace privilégié pour observer les transformations sociales et c’est d’après des peintures des rues St-Denis, St-Catherine et Berri que l’on peut remarquer l’évolution de l’apparence des gens. C’est ce qui fait que l’exposition est si intéressante. On regarde les tableaux et on s’y retrouve. On peut voir soi-même certains changements qui ont été faits aux lieux que l’on connait tant, et comparer nos habits avec ceux de nos ancêtres.

La rue St-Denis

Si vous passez par Québec, vraiment, allez faire un tour. L’exposition est de qualité et elle est très intéressante. Il faut prendre une bonne heure pour en faire le tour et prendre le temps de regarder les différents artéfacts. L’exposition vaut amplement le détour.

*À noter: dès le 19 avril, les jeudis à 19 h 30, Canal Savoir diffusera deux émissions portant sur l’exposition Mode et apparence dans l’art québécois, 1880-1945.

Un commentaire

  1. [...] années (Haute Couture – Paris, Londres, 1947-1957: l’âge d’or, Denis Gagnon s’expose, Mode et apparence dans l’art québécois, La Planète mode de Jean Paul Gaultier), cela a de quoi [...]

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