Marie-Josée Trempe, Agence Specs

Publié par le 15 mai 2012

L’agence Specs représente des mannequins hommes et femmes de 16 à 40 ans pour la photo commerciale, la photo éditoriale, les défilés et la figuration. Nous avons rencontré Marie-Josée Trempe, présidente et fondatrice de l’agence Specs, à l’émission du 15 juillet 2010. Voici un compte-rendu de l’entrevue.


Marie-Josée Trempe | Photo: Le Devoir

Marie-Josée, tu as longtemps été maquilleuse professionnelle. Tu côtoyais donc le milieu de la mode, les mannequins, les photographes, les éditeurs de magazines. Qu’est-ce qui t’a motivé à fonder ton agence de mannequins?

Oui, j’ai eu la chance de faire une très belle carrière comme maquilleuse, ici à Montréal et à travers le Canada. J’ai commencé à la fin des années 70 et j’ai été une des premières maquilleuses à avoir un agent. À un moment donné, j’ai réalisé que j’aimais le métier de maquilleuse, mais que je trouvais le temps très long lors des séances photos.

J’ai commencé à penser qu’il fallait que je fasse d’autre chose et c’est une cliente qui m’a proposé de fonder une agence. J’avoue que je n’avais jamais songé à ouvrir une agence! Specs a commencé comme agence de maquilleurs, de coiffeurs et de stylistes. Et c’est en me rendant compte qu’on ne faisait pas assez d’argent avec les artistes que j’ai commencé à représenter des mannequins pour les défilés. C’était en 1991 et il y avait vraiment beaucoup de défilés à Montréal. En 1994, j’ai fermé le département des artistes pour me consacrer uniquement aux mannequins et ça fait déjà 20 ans que Specs existe.

Au cours de ces 20 années, quelles sont les plus grandes transformations que tu as observées dans l’industrie de la mode?

Je pense que le plus grand changement s’est fait vers moi. C’est moi qui a appris, «sur le tas» comme on dit. Je n’étais pas une femme d’affaires. J’ai commencé dans l’industrie avec passion et naïveté. J’avais cette vision d’une agence qui allait être respectée, qui allait travailler fort, selon le principe «traite les autres comme tu souhaites être traité». Ça a été un apprentissage assez dur au début parce que c’est une industrie – que j’aime et dans laquelle j’ai la chance de travailler depuis 30 ans – mais c’est une industrie coriace.

La compétition était féroce et moi, je faisais les choses à ma façon. J’ai commencé avec des nouveaux talents,  des filles nouvelles et je commençais déjà à promouvoir la diversité ethnique. Lors de ma première saison, on représentait 14 filles et six d’entre elles étaient noires. Pour moi, c’était normal. Il y avaient des blondes, des rousses des brunettes; c’est sûr que j’en avais aussi de différentes origines: des africaines, des filles qui venaient des Caraïbes, etc.

Quand je regarde mon parcours, je réalise que j’ai appris beaucoup. L’agence a changé aussi, et on a la chance d’avoir un beau succès aujourd’hui depuis plusieurs années. Ça, je ne l’ai pas fait toute seule, j’ai une équipe formidable.

Je crois que, une des plus grosses transformations que j’ai vu au niveau de l’industrie, c’est l’âge des mannequins. Quand j’ai commencé en 1990, les filles commençaient à 20, 21, 22 ans. Aujourd’hui, à 13, 14 ans les filles sont déjà repérées. La taille des mannequins et des échantillons a aussi beaucoup changé.

La venue de photoshop et de l’Internet a beaucoup transformé le paysage. À titre d’agent, je n’ai plus aucun contrôle sur les photos. Les gens mettent tout en ligne, sur Facebook par exemple. Cette génération avec laquelle je travaille a un sens très différent de l’image et de la confidentialité. Il y a beaucoup de défis pour un agent, mais ça reste une industrie passionnante. Les gens ne le réalisent pas, mais c’est vraiment une industrie très importante ici au Québec.

En 2009, tu as lancé la division Specs Plus. Comment ça s’est passé?

En fait, c’est drôle parce que quand j’ai commencé à représenter des mannequins, dès le début j’avais déjà des filles de taille plus, mais c’était très difficile de les trouver. Comme je suis entrepreneure et que l’équipe, c’est moi qui la trouve, je n’ai jamais vraiment eu de chasseur de têtes, alors j’ai toujours eu de la difficulté à les repérer.

En 2009, j’ai eu la chance de participer au premier concours pan-canadien pour trouver la taille plus canadienne et ça a été une expérience formidable. Premièrement, on a réussi: on en a maintenant 13 dans la division! On a eu du succès, les compagnies et les clients de Montréal nous ont épaulé et ça a été une très belle expérience parce qu’il y avait un côté humain aussi. Pour moi, la mode c’est intéressant, mais c’est le facteur humain qui me passionne.

C’est drôle à dire après 30 ans dans l’industrie, mais je ne suis pas une fille de mode. Je suis une fille qui a la chance de travailler dans la mode, mais c’est vraiment le facteur humain qui est le plus important pour moi. Je travaille avec des vraies personnes, une mannequin c’est une personne. J’ai eu beaucoup de réactions, de courriels de jeunes filles qui trouvaient que c’était une idée formidable. Ça leur apportait quelque chose, elles se retrouvaient. Ça a été vraiment une très belle aventure et maintenant on a 13 filles sur la division Specs Plus.

 

Quelques mannequins représentées par l’Agence Specs:


Amelia, Verena, Carolanne


Émilie, Arielle, Fei


Missy, Kristina, Raphaelle

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