L’exposition Porter son identité au Musée McCord

Publié par le 21 mai 2013

La nouvelle exposition Porter son identité – La collection Premiers Peuples explore l’importance du vêtement et des parures dans l’affirmation de l’identité des Premières Nations du Canada.

Le vêtement, miroir de l’identité

La prémisse de l’exposition est universelle: l’habillement révèle et renforce l’identité. En plus de sa fonction pratique de protection et de pudeur, le vêtement est un témoignage des structures de nos sociétés. Nous associons certains vêtements à des activités ou fonctions précises (robe blanche de mariage, soutane de prêtre, salopette de mécanicien, etc.). Mais même en passant outre les cérémonies et les uniformes, en nous habillant, nous cherchons à refléter qui nous sommes et qui nous aspirons à être, consciemment ou non. Pour certaines personnes, le vêtement permet de se positionner comme faisant partie d’une communauté, en dévoilant leur intérêt pour un type de musique, un art ou un sport. Certains veulent se démarquer par leur originalité alors que d’autres souhaitent se fondre dans la masse.

Notre accoutrement peut aussi révéler notre âge, notre tranche de revenus et notre religion. Ces facteurs tendent cependant à s’exprimer de façon diffuse et subtile dans notre société occidentale de plus en plus uniformisée. L’étude des habits traditionnels permet alors de découvrir les symboles culturels, politiques et spirituels des peuples.

La création du vêtement

Chez les Premiers Peuples, la signification du vêtement est grandement liée au temps et au soin consacrés à sa confection. Les femmes sont considérées comme contribuant au succès de la chasse (même si elles n’y participent pas physiquement), puisqu’elles fabriquent les habits des chasseurs dans le respect des traditions qui, selon les croyances, assureront une chasse fructueuse.

C’est l’élément clef qui est maintenant absent de notre rapport à la mode (et à plusieurs autres domaines): la valorisation du savoir-faire artisanal. C’est notre désintérêt pour le processus de production qui fait que nos vêtements sont produits au Bangladesh dans des usines dangereuses. C’est ce qui fait que nous trouvons généralement les vêtements produits localement trop chers et que nous préférons souvent acheter plusieurs morceaux de piètre qualité à la dernière mode que quelques items mieux construits.

Le vêtement comme symbole de résilience

Après l’arrivée des Européens, l’histoire des Premiers Peuples devient difficile. Maladies contagieuses, guerres, déplacements, réserves et  pensionnats affectent les peuples autochtones du Canada. Face à l’oppression, les parures vestimentaires autrefois réservés aux guerriers (comme la coiffe à plumes) sont portés lors d’événements communautaires et politiques. Pour contrer la tentative d’acculturation, tout le clan s’approprie les symboles d’honneur et de statut.

En même temps, le contact entre les deux cultures est indéniable et les femmes commencent à créer des vêtements de formes occidentales tout en les ornant de perles pour refléter les préférences de la communauté autochtone.

Chemise, Déné ou Cri de l'Ouest, vers 1890-1910
Chemise, Déné ou Cri de l’Ouest, vers 1890-1910

Coiffe, Assiniboine ou Nakoda, vers 1875-1925
Coiffe, Assiniboine ou Nakoda, vers 1875-1925

Robe de fillette, Niisitapiikwan, vers 1865-1900
Robe de fillette, Niisitapiikwan, vers 1865-1900

 

Visitez l’exposition au Musée McCord de Montréal

2 commentaires

  1. [...] même temps que l’exposition Porter son identité – La collection Premiers Peuples, le Musée McCord de Montréal présente Chapeau! jusqu’au 18 août. Vous pourrez y admirer [...]

  2. [...] didactique que Porter son identité – La collection Premiers Peuples (enrichissante, à voir absolument!), cette rétrospective de la vie de Grace Kelly est plutôt [...]

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