‘Scatter My Ashes at Bergdorf’s’ au Cinéma du Parc

Publié par le 11 juin 2013

Le Cinéma du Parc a pris l’habitude de diffuser des documentaires mode, pour notre plus grand bonheur. Dans les dernières années on y a vu le chaleureux Bill Cunningham New York et le percutant Girl Model. Ce vendredi, c’est Scatter My Ashes at Bergdorf’s qui prend l’affiche. La Passerelle a assisté à l’avant-première lundi soir.

Le film tire son nom d’une illustration de Victoria Roberts publiée en 1990 dans le magazine The New Yorker. La légende du dessin sous-entend que Bergdorf’s est un lieu sacré. C’est ainsi que le décrivent les membres de l’industrie interrogés pour les besoins du film: le comble du chic et de l’élégance, l’ultime référence en matière de vente au détail de luxe. Les designers s’exprimant à la caméra sont nombreux: les duos derrière Marchesa, Proenza Schouler, Dolce & Gabbana ainsi que les créateurs Thakoon, Jason wu, Giorgio Armani, Karl Lagerfeld, Maholo Blahnik, Narciso Rodriguez, Michael Kors, Oscar de la Renta et Christian Louboutin.

À force de trop d’éloges, on a l’impression de visionner une vidéo publicitaire pour l’entreprise. Le film manque d’un fil conducteur clair, d’une trame narrative solide. Les différents chapitres se juxtaposent sans s’interpeller.

Scatter My Ashes at Bergdorf's: a 1990 cartoon in the New Yorker

Le point fort du documentaire est la découverte de trois employés de Bergdorf’s, personnages colorés et piliers de l’entreprise. Linda Fargo est la directrice mode qui supervise les achats et l’introduction de nouvelles griffes chez Bergdorf’s. Décrite comme une Anna Wintour plus sympathique, elle prend la peine de conseiller les jeunes créateurs, même lorsqu’elle décide de ne pas distribuer leur griffe au magasin. « C’est un beau vêtement, mais vous ne pouvez pas le garder sur un cintre, sinon il va s’étirer et se déformer », explique-t-elle à Ally Hilfiger (fille de Tommy) à propos d’un lainage de sa confection.

Linda Fargo fashion director Bergdorf Goodman
Linda Fargo, directrice mode, Bergdorf Goodman

Betty Halbreich est une acheteuse personnelle qui fait sa marque auprès des célébrités et des designers de costumes pour la télé et le cinéma. Son charme est intimement lié à son ton un brin insolent. Elle n’hésite jamais à dire à ses clientes que quelque chose ne leur va pas. Manifestement, sa stratégie fonctionne. Adorée de ses clients et de ses collègues, Betty est une des meilleures acheteuses de l’entreprise. On apprend par la bande qu’un employé aux ventes chez Bergdorf Goodman peut récolter un salaire annuel aussi élevé que 500 000$ (commissions incluses)!

Betty Halbreich personnal shopper Bergdorf Goodman
Betty Halbreich, acheteuse personnelle, Bergdorf Goodman

David Hoey est le directeur de la présentation visuelle. Il est donc responsable des magnifiques vitrines de Bergdorf, parmi les plus créatives de l’industrie. Il est impressionnant de voir à quel point Hoey est libre d’explorer les avenues créatives qu’il choisit. « Je veux que les vitrines soient comme des hallucinations », dit-il. Étonnamment, c’est d’abord le décor qui est imaginé, puis commandé à des artistes. La ou les robes qui se trouvent en vitrine sont sélectionnées par après. C’est donc une approche pour inspirer avant de faire acheter. Même si les chiffres de vente sont toujours bien présents dans les préoccupations de Bergdorf, c’est un pari souvent effrayant pour les détaillants.

David Hoey senior director of visual presentation Bergdorf Goodman
David Hoey, directeur de la présentation visuelle, Bergdorf Goodman

Finalement, quelques anecdotes qui illustrent le grand luxe caractéristique de Bergdorf:

Apprenant qu’Elizabeth Taylor se préparait à venir au magasin, tous les employés se préparaient fébrilement à son arrivée, prêt à répondre à ses exigences les plus farfelues. Ils furent déçues de l’entendre demander des cache-oreilles en fourrure, jusqu’à ce qu’elle en commande 200!

Une veille de Noël, le responsable du département fourrure désespérait des ventes à la baisse. Quelques temps seulement avant la fermeture, il reçut un appel de Yoko Ono qui requérait une présentation privée à son hôtel. Finalement, elle et John Lennon achetèrent plus de 70 manteaux de fourrures.

2 commentaires

  1. [...] avoir lu notre compte-rendu du documentaire « Scatter My Ashes at Bergdorf’s », vous avez peut-être envie de vous faire votre propre idée du film. Ça tombe bien: le Cinéma du [...]

  2. [...] vous avez aimé le film Scatter My Ashes at Bergdorf’s (ou que vous êtes déçu de l’avoir manqué), allez admirer les vitrines féériques de ce [...]

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