L’envers des semaines de mode

Publié par le 17 février 2015

La saison des semaines de mode est bien entamée avec celle de New York qui bat son plein jusqu’au 19 février. Les collections pour l’automne 2015 sont présentées dans la Grosse Pomme, puis à Londres, à Milan et à Paris. Derrière le glamour du « front row » et le crépitement des flashs d’appareils-photo, il y a plusieurs aspects moins connus des semaines de mode.

Le lieu

Chaque grande ville de mode a son emplacement principal, comme Lincoln Center à New York et Sommerset House à Londres. Cependant, plusieurs designers souhaitent présenter leur collection dans un environnement original qui reflète le thème qu’ils ont élaboré pour la saison. Présenter un défilé au Lincoln Center coûte entre 15 000 $ et 60 000 $ pour les différentes salles, opter pour un autre lieu permet donc de réduire les coûts. Mais certaines grandes marques choisissent un lieu extérieur qui leur coûtera beaucoup plus cher. Selon la popularité du designer, le lieu doit être assez grand pour accueillir tous les invités. Des décors sont aussi parfois construits pour les plus grands défilés, comme ceux de Chanel, qui ont pris la forme d’un supermarché et d’une galerie d’art au cours des dernières saisons, ou encore le plus récent défilé de Tommy Hilfiger pour lequel l’Armurerie de Park Avenue a été transformée en terrain de football.

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Défilé Tommy Hilfiger, automne 2015

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Défilé Chanel, automne 2014

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Décor du défilé de Diane Von Furstenberg, printemps 2015

Le casting

Comme les acteurs, les mannequins doivent subir le processus du casting. Les directeurs de casting, qui travaillaient généralement avec 5 à 10 designers par saison, reçoivent les portfolios de la part des agences de mannequins quelques semaines avant les défilés. Ils regardent toutes les photos et déterminent quelles mannequins de chaque agence ils souhaitent voir. Les mannequins se déplacent ensuite en personne, la semaine avant les défilés, pour rencontrer les directeurs de casting. Elles doivent se présenter sans maquillage et avec des vêtements sobres pour être le plus neutres possible afin qu’on puisse les imaginer dans différents vêtements, et différents styles de maquillage et de coiffure. Elles sont prises en photo, et le directeur de casting envoie ensuite ces polaroïds à chacun de ses clients designers. Dans les grandes semaines de mode internationales, chaque défilé nécessite de 30 à 40 mannequins. Les designers font leur choix, et lorsque plusieurs designers souhaitent engager les mêmes filles, les directeurs de casting des différents designers doivent résoudre ces conflits d’horaire en négociant entre eux.

Mannequins casting Dior Paris
Casting pour Dior à Paris

Le salaire des mannequins

Traditionnellement, les mannequins n’étaient pas payées pour défiler lors des semaines de mode, mais recevaient des vêtements. Les défilés étaient plutôt une façon de se faire connaître pour éventuellement obtenir des contrats payants, comme les campagnes publicitaires. Certaines voix se sont élevées contre cette pratique, dont l’organisme The Model Alliance, et les pratiques commencent à changer. Les mannequins seraient maintenant payées de 150 $ à 500 $ environ par les designers, et jusqu’à 1000 $ par les grandes marques de masse.

Les stars

Les stars qui assistent au défilé depuis le « front row » attirent l’attention des médias et procurent plus de visibilité au designer. Les plus connues, comme Beyoncé ou Rihanna, reçoivent jusqu’à 100 000 $ pour une entente d’exclusivité. D’autres, comme Blake Lively ou Kim Kardashian, recevraient environ 50 000 $ chacune. L’apogée de cette pratique a eu lieu en 2007 et 2008. Depuis, la récession a diminué les budgets que les marques allouaient aux célébrités. Il y a aussi eu une certaine saturation qui a mené plusieurs designers à abandonner cette pratique ou à diminuer les compensations. Maintenant les stars peuvent recevoir peu ou pas d’argent, mais les marques prennent en charge le transport (parfois dans le jet privé de LVMH, le conglomérat qui détient notamment Dior) et l’hébergement. Cette pratique semble plus importante à Paris que lors des autres semaines de mode.

Le look beauté

Les maquilleurs discutent avec les designers quelques semaines avant le défilé à propos de la collection, des couleurs, des inspirations, des références historiques, etc. Ils font ensuite des recherches autour de ce thème, puis rencontrent les designers à leur atelier pour finaliser le look beauté pour le défilé. Le maquilleur fait un maquillage test sur une mannequin engagée pour l’occasion. Le jour du défilé, les maquillages doivent être faits très rapidement puisque les défilés des différents designers s’enchaînent toute la journée. Les maquilleurs doivent être prêts à différentes éventualités : que les mannequins soient en retard, que les coiffeurs abîment accidentellement le maquillage, voire même que le designer change d’idée à la dernière minute pour le maquillage souhaité. Le maquillage et la coiffure sont souvent commandités par des grandes marques et les designers peuvent même recevoir de l’argent pour cette portion du défilé.

Maquillage Fashion Week Backstage

Les invitations

Les invitations les plus simples sont envoyées par courriel, mais la plupart sont envoyées par la poste. Il y a des invitations sur différents types de papier, ou même sur du tissu ou du cuir. C’est un outil de branding donc l’invitation doit reflèter l’esprit de la collection et les marques les plus riches mettent le paquet pour créer des objets impressionnants ou farfelus, comme une tablette de chocolat, un porte-clefs ou une bouteille de médicaments.

Invitation Betsey Johnson

Invitation Mathieu Mirano

 

Invitation Mulberry

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Cet article est adapté d’une chronique diffusée à l’émission À 4 Épingles sur la chaîne MAtv. Pour plus d’analyse en profondeur sur le milieu de la mode, rendez-vous sur la chaîne MAtv à chaque semaine. Consultez l’horaire de diffusion dans votre région.

3 commentaires

  1. Stéphanie dit :

    Très intéressant comme article. Je connaissais déjà plusieurs secrets des fashion weeks, mais j’en ai aussi découvert de nouveaux.

    Stéphanie

  2. Francine Lauzon dit :

    Bonjour madame,

    J’aimerais savoir si vous connaissez un endroit qui accepte la friperie (guenilles) pour le recyclage textiles (défibrage) à Montréal?

    Merci de revenir vers moi.

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